samedi 7 avril 2018

Ohm Phanphiroj (1)





















16 commentaires:

  1. Bouleversantes, tragiques, terribles, poignantes photos ! Et certains oseront prétendre que les gamins sont demandeurs et qu’ils prennent du plaisir…

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  2. À moins d'avoir des renseignements précis provenant du photographe auteur des photos (au nom thaïlandais) et sur leur époque, il me semble hasardeux de formuler, comme vous le faites implicitement, l'hypothèse que ces garçons se prostituent. Que les photos soient prises de nuit (la nuit tombe vers 18 heures dans les pays du sud de l'Asie) ne le suggère même pas ! Je connais au moins un Thaïlandais qui vous insulterait pour avoir formulé une telle hypothèse, qu'il considère comme injurieuse pour son pays. Le seul point commun que je voie à ces garçons est qu'ils sont pauvres, de milieux modestes. L'un tient manifestement la boutique de ses parents. Je n'emploierai donc pas les mêmes qualificatifs que vous pour les décrire : pour moi, elles sont presque banales, à l'exception de celle du garçon qui pose près d'une cabine téléphonique : son visage est grave (et non pas triste), d'une beauté poignante.

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  3. Je précise au sujet du visage que je trouve grave et non pas triste : il s'agit du garçon entre deux cabines téléphoniques : la 4e photo, en partant du haut.

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    1. ça c'est votre regard, sur lequel en passant je ne suis pas en contradiction et surtout c'est le regard du photographe. Il ne faut jamais oublier que le regard du photographe n'est jamais neutre même quand il prétend le contraire.

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    2. Je pourrais vous faire la même réponse que j'ai faite précédemment mais en ce qui me concerne ce sont bien pour la majorité des images des garçons qui se prostituent que je vois, mais ce n'est que mon ressenti. Le votre différent du mien est aussi recevable qu'un autre mais pas plus. C'est un des grands intérêts de la photo, quand elle est bonne, c'est justement de permettre des interprétations multiples, mais elle reste une grande menteuse.

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  4. Je suppose que vous allez présenter d'autres photos du même auteur puisque cette série est assortie d'un (1). On aura donc d'autres éléments pour trancher sur le point important de savoir si ces garçons se prostituent. Le décor est en effet important. Pour certaines photos (pas toutes), c'est typiquement un décor de travail. Il y a aussi la date. Je pencherais vers votre hypothèse (et celle du premier intervenant) si ces photos dataient des années 1970. Les cabines téléphoniques datent-elles de cette époque ? Il me semble qu'elles sont largement postérieures, mais il nous faudrait l'opinion d'un connaisseur des télécoms thaïes.

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  5. Je vais vous étonner, mais après avoir fait un tour (via Google) de ce qui s'écrivait sur le photographe en question et son travail sur les prostitués en Thaïlande je modifie à peine ma position : le filon misérabiliste me semble avoir été surexploité par ce photographe et je le soupçonne d'avoir ajouté des photos de simples travailleurs. On ne me fera jamais gober que la 7e photo est celle d'un prostitué, alors que les photos 2, 3 et 4 correspondent bien à l'idée que l'on se fait de la prostitution garçonnière. J'attends la suite (je risque d'être sévère avec le photographe) et merci d'ouvrir un espace de réflexion à ce sujet.

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    1. Pour moi il est évident que le photographe avait une idée derrière la tête en faisant cette série qui a peut être été faite sur plusieurs années. La plupart de ces photos ne sont pas des photos volées mais posées; le photographe a donc pu choisir le décor et donner des indications au modèle pour qu'il prenne telle ou telle pose et telle ou telle expression (Phamphiroj fait aussi des photos de mode et bien d'autres images). Ces garçons ou tout du moins certains ne sont peut être pas du tout des prostitués mais la photo peut fait croire que si. J'ai fait moi même des photos posées qui passent pour des photos volées et l'inverse. Peut importe à mon avis la méthode et la cuisine pourvu que la photo soit bonne (qu'on se souvienne du fameux baiser à Notre Dame de Doisneau!). Je trouve que ces photos sont fortes et je suis sûr que c'est le but du photographe (les photographes ne sont pas connus pour leur grande déontologie...).

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    2. J'ai des doutes sur la "pose", il est facile d'acheter une pose tout autant qu'il est facile d'acheter un gosse qui se vend dans la rue, hélas trop répandu, dans ces pays si "sensibles" la pauvreté ouvrent des perspectives que ceux qui ont les moyens exploitent. Ces images sont effectivement posées juste que je me demande ce qui se passe après. Pour moi, mais ça n'engage que moi, on peu assimiler ces vues à de la pédopornographie malsaine.

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    3. Fautes de conjugaison, désolé

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    4. La pornographie induit une représentation d'un acte sexuel et encore tout dépend du traitement car sinon selon votre critère à peu près tous les films qui sortent en salle seraient pornographique.
      Votre commentaire est représentatif de l'atmosphère ambiant mêlant bonne conscience et puritanisme. La prostitution est à mes yeux en rien blâmable, c'est même à mes yeux une activité respectable et même indispensable à la paix sociale et à l'équilibre de la société et cela quel que soit le pays, ce qui l'est condamnable, c'est la contrainte exercée sur les prostitué (es) ce qui est évidemment plus facile à exercer dans les cas de faiblesse (les mineurs en particulier).
      Ensuite, ce qui se passe après (déjà pourquoi poser la question?) relève du fantasme, de la rêverie, du songe... de chacun. Ces interrogations sont nourri par l'expérience qu'a de la vie le regardeur.
      Enfin la photographie, presque autant que le cinéma est l'art du mensonge. C'est aussi celui du temps arrêté, figé, matériellement sans avant ni après...

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  6. Merci pour ce commentaire technique et professionnel qui éclaire très bien le travail de ce photographe thaï. Je suis pleinement d'accord avec vous cette fois-ci.

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  7. @Jean-Claude Féray - Avant de poster mon commentaire, le premier dans la liste, j’avais effectué une recherche sur les travaux de ce photographe.

    Ces photos ne sont clairement pas des instantanés, elles sont mises en scène. Un bon photographe est aussi un bon directeur d’acteurs…

    Ne pas reconnaître, à travers ces portraits, une dénonciation de la prostitution enfantine, démontre une vision déformée par un prisme que je me refuse à qualifier…

    @Bernard A. - Si la prostitution est probablement le plus vieux métier du monde ; dans la situation de pauvreté où vivent ces enfants, ont-ils le choix ? En une heure, ils vont gagner plus que leurs parents en un mois…

    Sont blâmables et condamnables les clients !

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    1. Je ne vois pas une dénonciation mais plutôt un constat. Quel est le point de vue du photographe, difficile à dire.
      Ensuite ce genre d'image et plus généralement le photo journalisme pose la question de la rémunération et du prestige du photographe étant donné que la photo "misérabiliste" est toujours mieux considéré par les médias et le public qu'une photo du bonheur. Je parle en connaissance de cause et même si en 1990 j'ai eu un prix décerné par Amnistie internationale pour mes photo du monde indien au Guatémala, le fait que j'ai toujours préféré photographier des gens riches, beaux et bien portants n'ai pas aidé à mon aura photographique, j'écris cela sans trop d'amertume, mais un peu quand même.
      Ensuite vous soulevez à juste titre de la pression économique et même si ces enfants, mais sur les photos ce sont surtout des adolescents, n'ont pas de contrainte, ils ont la contrainte économique qui en effet limite grandement leur choix.
      Certes les clients sont blâmables mais, et pas seulement dans le cas précis des photos, ne vous êtes vous jamais demandé si la prostitution, la pornographie et la masturbation, autant de sujets quasiment tabous n'offriraient elles pas des soupapes de suretés (qui ont leurs prix humains) aux pulsions sexuelles, pulsions que l'on ne veut pas voir et qui sont pourtant bien réelles. La prostitution est (en partie) le fruit de la misère sexuelle.

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  8. Convenez que le sujet de la prostitution garçonnière est assez grave, justement, pour ne pas être traité par des mises en scènes photographiques. Ce qu'il convient de dénoncer, ce sont des réalités, pas des fantasmes.

    Une chose doit être précisée : cette prostitution n'existe plus en Thaïlande depuis longtemps, autant en raison de l'augmentation générale du niveau de vie que des pressions des pays anglo-saxons. Je n'affirmerai rien, mais il me semble qu'au moment où ce photographe a publié sa série de clichés, la police thaïe avait déjà fait le nécessaire depuis quelques années. On n'embête plus la Chine sous le prétexte qu'il existait des bordels de petits garçons à Pékin encore au début du XIXe siècle, il serait temps de laisser la Thaïlande en paix avec un problème que ce pays a réglé il y a plus d'une décennie.

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    1. Je ne connais pas (encore) la Thaïlande mais au delà de ce cas particulier c'est la réalité de la sexualité humaine (tous les âges et sexes confondus) que l'on ne veut pas aborder avec raison de l'humanité étant polluée par les religions et les idéologies.

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