mardi 20 février 2018

pour se souvenir de BOHÈMES AU GRAND PALAIS

C'est un tableau du méconnu Charles Amable Lenoir qui a été choisi pour l'affiche


Il se trouve qu'avant de me rendre au vernissage de cette exposition, il y a de cela quelques semaines, j'y suis retourné depuis avec un ami, il m'arrive assez fréquemment de visiter plusieurs fois certaines manifestations, il m'est arrivé une petite anecdote ayant un lointain (?) rapport avec la manifestation dont je vais vous entretenir. Je sortais d'Angelina, rue de Rivoli, face aux Tuileries, non loin du Grand Palais (je précise pour mes lecteurs lointains auxquels je conseille d'aller chez ce réputé salon de thé, si possible armé, en regard avec ce qui va suivre) d'ou je venais de déguster un Mont blanc accompagné d'un chocolat maison, histoire d'augmenter mes chances de pontage, lorsque passant devant un distributeur d'argent je vois un de ces nabots roms dont il est difficile d'apprécier l'âge tant ils sont ratés, essayer de subtiliser l'argent qu'une jeune femme était en train d'attendre la sortie devant le dit distributeur. Ces homocules procèdent de la façon suivante, juste avant que les billets apparaissent,  ils se précipitent et agitent d'une main un journal roulé entre l'espace que laisse les bras du client de la machine cracheuse de sous et l'orifice par lequel sortent les billets et de l'autre main prestement se saissent des euros dés qu'ils apparaissent avant de déguerpir non moins prestement. N'écoutant que mon courage, qui a en général se manifeste d'une voix bien ténue, comprenant le manège j'ai volé au secoure de la jeune et élégante personne en lançant violemment mon pied vers les couilles de la raclure de bidet, malheureusement je ne l'ai atteint qu'au ventre et s'il s'est prestement éclipsé, mon coup ne l'a pas laissé à terre où j'aurais pu le finir à grands coups de lattes dans ses chicots, ce qui aurait aidé grandement ma digestion, le Mont-blanc étant assez lourd, mais mon intervention avait sauvé le pécule de la dame ce qui était le but premier de mon effort.
C'est donc, dans un état d'esprit un peu particulier après cette petite gymnastique que je me suis présenté à la porte du Grand Palais où à la place des copieux noirs habituellement dévolus au controle des invitations j'ai eu la surprise de me trouver face à des hôtesses déguisées en gitane qui s'enquerraient si on était autorisé à visiter "Bohèmes" avant le vulgus pecus. Passé ce barrage croquignolet je m'attendais ensuite à subir face aux cimaises un lâché de gnomes pickpokets et de puces, mais non rien de tout cela seulement pour "animer" l'accrochage était diffusée une mélopée émise d'une voix éraillée pas vraiment propice à l'admiration de la peinture pendant laquelle je préfère le silence.
Dés l'entrée on est accueilli par les tableaux de Georges de La Tour et de Rénier qui m'ont rappelé, transposé au XVIII ème siècle, la petite aventure que je venais de vivre rue de Rivoli. 


Rénier


Achille Zo (1826-1901)


Courbet

Il n'y a pas que des tableaux de premier choix dans Bohèmes, mais c'est le cas dans toutes les expositions à thème, y compris dans une aussi excellente que Mélancolie, concoctée par Jean Clair. En revanche on y trouve de véritable curiosité comme ce Courbet, récemment retrouvé chez un particulier représentant une famille de bohémiens en marche. 



Degas

Autre toile remarquable, ce garçon buvant à la régalade du à Degas. C'est en fait un morceau d'une grande toile représentant un groupe de bohémiens, on peut en voir le dessin préparatoire, que le peintre a découpée après l'insuccès que le tableau avait connu au Salon. Je ne connaissais pas le beau jeune serbe, immédiatement ci-dessous, pas plus que son peintre, Charles Landelle.





Charles Landelle 1821-1908, jeune bohémien serbe



Le pluriel du titre signifie que l'exposition traite des bohémiens mais aussi de la bohème des artistes, notion qui apparait au milieu du XIX ème siècle avec le romantisme. La Bohème alors s'entend pour le grand public comme la manière de vivre de jeunes gens ayant des prétentions artistiques, aux moeurs plus ou moins dissolues et surtout vivant dans la déche. Donc une fois monté le grand escalier qui habituellement rompt facheusement la continuité des expositions cette fois sert de frontière entre deux manifestations qui n'ont qu'artificiellement des points communs. Et arrivé à l'étage surprise, on débouche dans une salle dont les murs on été recouverts d'un papier peint à l'ancienne. Le papier a été savamment arraché (a-t-on demandé à Villeglé ses lumières en la matière!) cette installation à laquelle il faut ajouter une fausse cheminée est censée illustrer la misère dans laquelle vivait les jeunes artistes. C'est grotesque, il y a quelque chose d'un peu obscène d'avoir dépensé autant d'argent pour représenter la misère. Le probablement couteux drôle qui a commis cette "scénographie" se nomme Robert Carsen.
Une fois habitué au décor, en l'oubliant on peut admirer des toiles qui ne sont pas en général de grands maitres mais qui à elles seules méritent à mon avis la visite à ces agaçantes Bohèmes d'autant qu'elles sont souvent peu montrées en raison de la relative obscurité de leur auteur. 


Henri Lehmann (1814-1882), portrait de Franz Liszt, 1839



Delacroix


Géricault






Après le galetas ruiné on pénètre dans ce qui pourrait être une salle de l'école des Beaux Art (à l'ancienne) dont la clarté est agréable après la relative obscurité qui régnait dans la salle précédente et où les petits formats qui y sont présentés sont disposés sur des chevalets plus ou moins maculés de peinture. Les toiles fort plaisantes représentes des scènes de genre certaines très drôles, d'autres misérabilistes ou émouvantes ayant pour cadre des ateliers de rapins.

  


Josef Danhauser
 (où l'on voit que peintre sur le motif dans l'atelier n'est pas toujours sans danger)


Octave Tassaert (1800-1874)

On retrouve la pénombre dans l'espace suivant au milieu duquel trône un ridicule poêle. Là en rangs serrés des gravures sont accrochées, dues pour la plupart à Daumier.









Surveillons bien nos chats!






Puis par un petit couloir nous entrons dans la pénombre d'une sorte de marabout dans lequel sont disposés toiles et dessins représentant le couple le plus sulfureux de "bohémiens", Verlaine et Rimbaud, on peut vérifier que ce dernier était bien joli...  


Coup de lumière dans une petite salle consacré à ce qui a autour de la bohème artistique, comme l'enseigne du célèbre cabaret du chat noir, et des oeuvres qu'elle a inspirée.
  



La dernière salle nous propose une reconstitution approximative d'un café de la belle époque. Le soir du vernissage j'espérais qu'au moins nous aurions droit de la part des organisateurs pour se faire pardonner de leur mauvais gout à une dégustation d'absinthe mais j'ai attendu en vain. C'est donc le gosier sec que j'ai pu admirer deux bons portraits d'Erik Satie, une huile inattendue de Toulouse Lautrec et quelques autres bel exemple de la peinture naturaliste de la fin du XIX ème siècle.




deux portraits d'Erik Satie

Jean-François Raffaelli, buveur d'absinthe
    

Manguin



Picasso

La fin de l'exposition se termine par une ouverture au modernisme avec ce Manguin que j'ai scruté de près, ma grand mère ayant posée pour le peintre. Le dernier tableau de l'accrochage est un Picasso dans un style que je ne lui connaissais pas et qui me plait beaucoup. Comment connaitre tous les Picasso? En sortant un charmant garçon qui m'a réconcilié avec l'humanité...




Paris, septembre et décembre 2012

Isaac Cordal

Isaac Cordal
Isaac Cordal
Lors de ma visite en ce nouveau lieu pour l'art à Paris qu'est la fondation E.D.F. où était présentée une exposition sur le street art, beaucoup moins élaborée que celles sur le même thème qui se déroulèrent d'une part au musée de la Poste et d'autre part à la fondation Cartier, il y a quelque temps, j'ai découvert un artiste qui me parait important: Isaac Cordal. Ceci grâce à une installation intitulée Follow the leader. Même si je ne vois pas bien la pertinence d'estampiller cette oeuvre street art, avec celle-ci Isaac Cordal me parait être de la trempe des frères Chapman. On peut aussi penser à Masson. Cette installaton post apocalyptique était interactive. Il suffisait devant elle de bouger les bras et son éclairage se modifiait...
Depuis je me suis informé sur cet artiste.
Isaac Cordal est espagnol. Il invente des scénographies, le plus souvent inquiétantes pour ses petits personnages fait de ciment , toujours vêtus de costume et munis le plus souvent de téléphone portable et d'attaché-case. Ils semblent n'avoir rien de plus urgent que de courir vers une catastrophe...
On peut voir d'autres oeuvre de cet artiste à cette adresse: Works | Isaac Cordal 

Isaac Cordal
Isaac Cordal
Isaac Cordal
Isaac Cordal
Isaac Cordal
Isaac Cordal
Isaac Cordal
Isaac Cordal
Isaac Cordal
Isaac Cordal
Isaac Cordal
Ci-dessous d'autres exemples d'installations signées Isaac Cordal.
Isaac Cordal
Isaac Cordal
Paris, février 2015
Paris, février 2015